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Com­mu­ni­qué d’A­gnès Marion et d’An­dréa Kota­rac du 9 décembre 2019

Nous avons le 2 décembre res­pec­tueu­se­ment adres­sé à Mon­sieur le Pré­fet une demande l’a­ler­tant sur la réunion à l’Es­pace Vivia­ni le 8 autour de l’i­mam Anas, pré­di­ca­teur sala­fiste, d’une confé­rence ras­sem­blant une kyrielle d’as­so­cia­tions appar­te­nant à la mou­vance de l’is­lam ultra-com­mu­nau­ta­riste. Il n’a pas jugé bon de nous répondre. Grâce à la mobi­li­sa­tion des éner­gies citoyennes que nous avons sus­ci­tée, la réunion ne s’est pas tenue – le pré­texte du manque de TGV avan­cé par les orga­ni­sa­teurs, fal­la­cieux pour ce week-end, ne devant trom­per per­sonne. Nous regret­tons en cette affaire le manque de cour­toi­sie répu­bli­caine de la pré­fec­ture du Rhône mais, plus encore, déplo­rons l’in­co­hé­rence de ses déci­sions.

Alors qu’il avait auto­ri­sé dans notre ville la confé­rence d’un per­son­nage qui, voyait dans la musique l’« oeuvre de Satan » ou consi­dé­rait qu’une épouse s’at­ti­rait la colère de Dieu si elle se refu­sait à son mari, même quand elle serait « indis­po­sée »*, Mon­sieur le Pré­fet croit en effet oppor­tun d’or­ga­ni­ser à Lyon, le 17 décembre, des « assises de l’is­lam ». Figure par­mi les objets de ces assises la louable inten­tion de « mieux lut­ter contre la radi­ca­li­sa­tion ». Nous crai­gnons pour le coup qu’elle reste un pur voeu (pieux ?), puisque la pré­fec­ture avait per­mis le ras­sem­ble­ment en cause.

Atta­chés à la liber­té d’ex­pres­sion exer­cée dans le péri­mètre pré­vu par la loi, nous deman­dons à Mon­sieur le Pré­fet, qui a sol­li­ci­té pour la cir­cons­tance les res­sources de l’U­ni­ver­si­té Lyon 2, de rendre rapi­de­ment publique la liste des inter­ve­nants à ces assises. Nous vou­lons croire que n’y pren­dront part aucun des homo­logues de l’i­mam Anas, si radi­cal qu’il a été reti­ré des par­ti­ci­pants à la mani­fes­ta­tion du 10 novembre der­nier contre une introu­vable « isla­mo­pho­bie ». Comme Mon­sieur le Pré­fet lui a ouvert les portes de la ville, nous trans­met­tons à tous les can­di­dats à la mai­rie et à la métro­pole de Lyon, ouvrant avec eux sur ce sujet le débat public, notre plus vive inquié­tude répu­bli­caine.

* https://dourous.net/audio/le-mariage/, 48’50)